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Le renouvellement de la tarification nationale de référence devra attendre encore !

L’établissement de nouveaux tarifs est lié à la modification de la nomenclature des actes médicaux. Les organismes gestionnaires sont vigilants sur l’équilibre de leur régime

La mise en place de la nouvelle tarification nationale de référence, prévue pour fin décembre, serait sérieusement compromise. «La nomenclature générale des actes médicaux, mise en place en 2006, au démarrage de l’assurance maladie obligatoire, doit être modifiée en 2016. Il est donc logique d’attendre cette modification pour déterminer les nouveaux tarifs de référence», expliquent des sources proches du dossier. Cette nomenclature, datant de 1977, avait été revue une première fois en 2005. De nouveaux actes médicaux y avaient été introduits et la valeur de certains actes, alors sous-cotés, notamment l’appendicite et certains actes ambulatoires, augmentée.

Programmée pour 2016, la modification de la nomenclature ne peut donc être le seul élément motivant l’éventuel report de l’instauration d’une nouvelle TNR. Dans le milieu médical, on estime que«l’engagement pris par l’Agence nationale de l’assurance maladie de publier la tarification n’était qu’un moyen de calmer les producteurs de soins et se donner du temps pour régler ce dossier épineux à l’origine de tensions entre ces acteurs, les gestionnaires de l’AMO et elle-même».

Et justement, l’ANAM et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNPOS) ont du mal à s’entendre. Cette dernière, apprend-on de source sûre, «est accusée par l’agence de bloquer le processus de renouvellement de la TNR». Le régulateur de l’AMO aurait même adressé une lettre à la Primature pour dénoncer la position de la CNOPS. «Le renouvellement de la TNR est une priorité, le chantier avance et nous souhaitons plus de coopération avec les diverses parties concernées, notamment le ministère de la santé et les organismes gestionnaires», explique l’ANAM. Les trois commissions (critères, juridique et étude des tarifs des actes médicaux) constituées en interne ont bouclé leurs travaux. Des propositions ont été retenues et vont être discutées avec les parties concernées.

Du côté des gestionnaires de la couverture médicale de base, on indique que les propositions des producteurs de soins sont les seules qu’ils ont reçues. Ils disent manquer «de visibilité quant à l’impact du renouvellement des tarifs de référence sur leurs comptes».

Les négociations sont donc difficiles et houleuses en raison des divergences d’intérêts. Les gestionnaires sont vigilants sur l’équilibre de leur régime et l’ANAM, en tant que régulateur, doit mettre en place les outils nécessaires au bon fonctionnement et à l’extension de l’AMO. Quant aux prestataires de soins, ils ignorent totalement les tarifs en vigueur, lesquels, disent-ils, ne correspondent pas à la réalité de la médecine actuelle. «Nous n’avons pas contacté l’agence et nous ne comptons pas le faire. Nous attendons les négociations, car nous n’avons pas encore formulé de propositions, si ce n’est le mémorandum de 2011 que nous avons soumis à l’agence et qui ne comprend pas des propositions de tarifs». Le statu quo est bel et bien en leur faveur parce qu’ils appliquent leurs propres tarifs qui sont, le plus souvent, supérieurs à ce qui est retenu dans la tarification nationale actuelle. Les compagnies d’assurance ainsi que les organismes gestionnaires remboursent sur la base des tarifs de référence… Le patient trinque.

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