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Après la distribution (eau/électricité), la propreté et le transport public, c’est au tour de la gestion déléguée du stationnement de subir les foudres des magistrats de la Cour des comptes. Selon un rapport d’observations de la Cour régionale des comptes de Casablanca, dont L’Economiste détient copie, la gestion du secteur est entachée de plusieurs dysfonctionnements. Vu le tableau décrit par les magistrats de la Cour des comptes, rien d’étonnant que les prémices d’une organisation du stationnement à Casablanca se heurtent à une résistance farouche de la part des rentiers bénéficiaires de la manne des parkings (cf. éditions du 21 et du 31 décembre 2015).
Intitulé «Rapport d’observations relatif au service public communal du stationnement» (voir aussi encadré ci-dessous), le document de plus de 280 pages énumère une multitude d’anomalies allant de la mauvaise gouvernance à la multiplicité des intervenants, en passant par la prolifération des parkings sauvages, les marchés opaques, le non-paiement des redevances dues, l’absence de contrôle…
Les magistrats commencent par constater l’absence de toute politique de stationnement dans la ville de Casablanca. «Ce qui est, avec les carences de la politique des déplacements urbains, à l’origine de la désorganisation que connaît ce secteur et de la saturation et de l’inefficacité de l’espace public dédié au stationnement», relèvent les auteurs du rapport. Certes, la CUC (commune urbaine de Casablanca), et plus tard l’AODU (la défunte Autorité organisatrice des déplacements urbains), avaient commandité des études pour l’élaboration de 3 plans de déplacements urbains (PDU), celui de 2004, celui de 2007 et celui de 2013, mais leurs résultats et recommandations ne sont que rarement mis à profit.
De surcroît, ni le PDU, ni l’AODU, ni les responsables de la CUC n’ont essayé de procéder à un recensement rigoureux de l’offre de stationnement public et privé et sa catégorisation (nombre de places de stationnement privé, nombre de places sur voirie, nombre de parkings de surface et de places offertes, nombre et capacité des parkings en ouvrage…) alors que c’est un préalable incontournable pour la définition d’une vraie politique de stationnement, déplorent les magistrats. En effet, le PDU de l’année 2013 n’a recensé que l’offre de stationnement public disponible dans le centre-ville, l’évaluant à 26.000 places sur voirie et en surface et à 4.000 places en ouvrage, soit uniquement 10 à 15% de l’offre globale. A titre d’exemple, la proportion des places en ouvrage représente entre 25% (valeur ville) et 75% (valeur centre-ville) dans les villes européennes.
Autre anomalie en matière de stationnement: le manque de coordination, voire la discordance entre la CUC et l’Agence urbaine. En effet, les plans d’aménagement sont jugés «permissifs et peu contraignants» par les magistrats. «Or, toute la subtilité d’une bonne articulation des politiques d’urbanisme et de stationnement se trouve au niveau de l’établissement d’un équilibre entre l’offre et la demande de stationnement à travers la fixation de normes contraignantes». De plus, les auteurs du rapport déplorent l’ambiguïté des documents d’urbanisme dont il est difficile de «tirer une information exploitable». Ils ne permettent notamment pas de distinguer les différentes surfaces dédiées aux espaces bâtis, aux espaces transports, aux espaces verts dans le centre-ville…
Les parkings, mal répartis, sont surtout localisés aux alentours des établissements d’enseignement, de santé et des administrations publiques, alors que des zones d’activités de service et commerciale en sont dépourvues. C’est le cas notamment de sites comme les abattoirs et le marché de gros, le marché de Derb Ghalef, souk Korea, l’hôpital Cheikh Khalifa …
Par ailleurs, la saturation de la capacité de stationnement à Casablanca, qui est en moyenne à hauteur de 85%, peut même atteindre le seuil de 125% au centre-ville. Ce qui a pour conséquence d’allonger excessivement le temps de recherche d’une place libre, qui était déjà en 2007 en moyenne de 8 mn.

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