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DES CONSULTATIONS EN COURS POUR DÉFINIR LES MODALITÉS
UNE POSSIBILITÉ POUR LES ENTREPRISES D'AMÉLIORER LA QUALITÉ DE LEURS DOSSIERS
IL FAUDRA UN ENVIRONNEMENT PLUS DYNAMIQUE POUR STIMULER LE CR
ÉDIT

Les consultations se poursuivent pour redémarrer le rythme du crédit après le coup de mou de 2015 (+0,7% hors prêts aux institutions financières). Les banques font un pas en acceptant de transmettre la notation risque aux entreprises afin qu'elles identifient et corrigent leurs points faibles. Elles sont d'accord sur le principe, il reste maintenant à définir les modalités. "Les éléments déterminants de la notation figurent d'ores et déjà dans les dossiers de crédits, soit comme conditions spéciales, soit comme recommandations faites au client par les instances de décision de la banque", fait remarquer Laidi El Wardi, directeur général de la Banque de détail à la BCP (Cf. www.leconomiste.com du 5 février 2016). Les banques évaluent le risque de défaut de leur contrepartie sur un horizon d'un an. Pour certains secteurs comme l'immobilier, les notes sont actualisées tous les six mois dans certains établissements. Il y a les règles de base de notation éditées par Bank Al-Maghrib, mais chaque banque a toute latitude de renforcer son dispositif tout en veillant à ne pas pénaliser le financement de l'économie. Le risque est classé sur une échelle de huit paliers de A à H notamment chez Attijariwafa bank et la BP.
Le A représente un très bon risque. C'est l'équivalent du triple A des agences internationales de notation financière. Plusieurs paramètres dont la structure financière, l’endettement, la conjoncture sectorielle, l’actionnariat, la qualité du management figurent dans les critères d'évaluation des banques. Au-delà des facteurs conjoncturels, les risk managers sont particulièrement sourcilleux sur la structure financière et la gouvernance des entreprises. C'est à ce niveau que les TPME doivent fournir beaucoup d'effort, disent les banques. Un dispositif d'accompagnement devrait être mis en place pour accompagner les entreprises à améliorer leur note. Cependant, même si elle est importante, la notation ne constitue qu'un des éléments d'aide à la décision. Au moment de la demande de crédit, la viabilité du projet à financer et les garanties apportées sont des éléments décisifs. Or les TPME, qui sont souvent sous capitalisées, n'ont pas beaucoup de garanties à faire valoir. Le projet de loi sur les sûretés devrait en partie contribuer à solutionner le problème des garanties. A côté, "il faut un marché des fonds propres pour les PME", suggère un banquier. L'industrie du capital investissement pourrait jouer un rôle important à ce niveau. Nombre de chefs d'entreprises perçoivent encore mal les investisseurs en capital. L'arrivée des fonds de private equity dans le capital suppose une amélioration de la gouvernance si nécessaire, un effort que certaines entreprises ne semblent pas prêtes à réaliser. Elles préfèrent donc rester dans le flou. Ceci dit, même pour les petites structures bien structurées, l'accès au financement n'est pas forcément aisé. Certains observateurs reprochent aux banques une forte pratique du "name lending".
S'il est certain qu'il y a des efforts à fournir aussi bien du côté des banques que des entreprises pour stimuler le crédit, il faut d'un autre côté tenir compte de l'environnement. L'administration publique doit aussi se mettre au diapason en accélérant la délivrance de certaines autorisations. Plus globalement, la décélération de la croissance et l'absence d'opportunités constituent un grand frein à la relance de l'investissement privé. Preuve en est, la baisse du coût de l'argent n'a pas pour autant stimulé la demande de crédit. De nombreuses branches dans le BTP notamment souffrent de la conjoncture et les banques sont amenées à réduire leur exposition. Dans le même temps, les secteurs performants tels que l'automobile ou encore l'aéronautique sont peu consommateurs de crédits.
L'autre point noir aujourd'hui reste les délais de paiement. Les entreprises financent leurs clients au-delà du raisonnable. Pour les spécialistes, l'Etat doit monter l'exemple. Ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui.
F. Fa

Tag(s) : #Economie

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