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ALLIANCES: AMMOR PREND LES COMMANDES OPÉRATIONNELLES
  • LE CHANGEMENT DE GOUVERNANCE DONNE PLUS DE POUVOIR AU DIRECTEUR GÉNÉRAL
  • MOHAMED ALAMI LAZRAQ RESTE PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
  • LA MISE EN ŒUVRE DU PLAN DE RESTRUCTURATION SUR LA BONNE VOIE

En deux ans, la capitalisation boursière du groupe Alliances a chuté de 90%. Le cours du promoteur immobilier s’est ressaisi depuis le début de l’année, mais le groupe ne pèse pas plus de 615 millions de DH aujourd’hui sur le marché. Beaucoup d’épargnants ont brûlé leurs économies sur la valeur immobilière. «Le groupe va repartir de plus belle», ne désespère pas Mohamed Alami Lazraq qui s’est confié en exclusivité à L’Economiste. Pour redresser l’entreprise, le patron d’Alliances s’est résolu à céder une partie de ses prérogatives comme l’exigeaient les banques avant tout plan de restructuration de la dette du groupe. Alliances s’est ainsi doté d’une nouvelle gouvernance avec un président du conseil d’administration et un directeur général. Le conseil d’administration sera présidé par Mohamed Alami Lazraq. Il se concentrera donc sur les orientations stratégiques du groupe. Au passage, deux nouveaux administrateurs indépendants siègeront au conseil. Les commandes opérationnelles du groupe immobilier sont confiées à Ahmed Ammor, qui a été nommé directeur général en début d’année. Il présidera le comité exécutif. L’ex-patron de TMSA et directeur financier de la RAM sera soutenu dans sa mission par Amine Alami qui a en charge depuis quelques mois la direction Finances & Business steering. Il était auparavant directeur de la Planification et Business steering. Ce changement de gouvernance fait partie des conditions posées par les banques pour sortir le groupe de la difficulté. Il rappelle le dossier Maghreb Steel dans lequel les banques avaient également imposé une nouvelle organisation.
Le poids de la dette d’Alliances (8,2 milliards de DH à fin 2015 hors impact de l’exécution des protocoles) et une conjoncture défavorable ont accentué les difficultés du promoteur immobilier. Aujourd’hui, l’exécution du plan de restructuration élaboré par la banque d’affaires Rothschild semble en bonne voie. Alliances a conclu avec un pool de sept banques un protocole d’accord portant sur un volume d’opérations de 2,2 milliards de DH. L’arrangement concerne une réduction directe de la dette d’un montant de 1,9 milliard de DH à travers des dations (les produits tirés de la vente d’un périmètre d’actifs définis servent à rembourser la dette). Le reliquat, soit 364 millions de DH, sera de l’argent frais à injecter dans les projets en cours de construction. En 2015, l’exécution des protocoles bancaires a porté sur un montant de 1,2 milliard de DH. Le groupe espère réduire sa dette bancaire de 3,8 milliards en 2014 à 350 millions de DH à l’horizon 2017 grâce notamment aux protocoles signés avec les banques.
Le groupe espère aussi diminuer significativement la dette privée qui totalisait 4,5 milliards de DH à fin 2015. Les négociations se poursuivent avec les détenteurs de titres Alliances. Ils vont se faire rembourser par des actifs immobiliers. Les biens mis en jeu sont valorisés à 5,5 milliards de DH. Les résultats de l’opération seront connus d’ici la mi-mars, indique le management d’Alliances. Au cas où tous les détenteurs de titres Alliances n’auraient pas activé cette option, le groupe va procéder à un reprofilage de la dette à travers deux émissions obligataires sécurisées d’Alliances Développement Immobilier et de la filiale Alliances Darna. Au-delà de la réduction de la dette, le plan de restructuration prévoit une augmentation de capital d’un milliard de DH dont 350 millions de DH seront apportés par l’actionnaire de référence, Mohamed Alami Lazraq. Le processus a démarré avec une injection de l’ordre de 200 millions de DH en comptes courants. Il sera complété pour atteindre les 350 millions de DH. Maintenant, il faudra trouver les 650 millions de DH restants. Le groupe immobilier sera conseillé par une grande banque d’affaires de la place pour cette opération.
Les difficultés financières mais aussi la conjoncture ont mis en évidence la nécessité pour le groupe de se redimensionner. Il s’agit de trouver la configuration la plus efficace. Exit le pôle construction avec les filiales EMT. Avec le recul, «nous avons commis une erreur», confie Lazraq. Le groupe veut se recentrer sur ses activités de base de promoteur immobilier. Par ailleurs, la réorganisation se traduit par une centralisation des fonctions supports et des métiers avec entre autres pour objectifs d’optimiser les charges fixes. L’année dernière, la masse salariale a baissé de l’ordre de 30%. Cela s’explique en partie par le plan social au niveau des filiales EMT.
F. Fa & M.A.B.

Tag(s) : #Economie

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